🌴 Destination : Rodrigues
📅 Période de l’expérience : Juin
🌊 Activité principale : Kitesurf et Wingfoil
Pour beaucoup, Rodrigues est « trop loin pour ce qu’il y a à y faire » : un caillou perdu à 1h30 de vol de Maurice, une escale qu’on ne prend jamais le temps de faire. Et si on vous disait que cette image passe complètement à côté de l’essentiel ?
Gladys, notre chargée de production chez Fun & Fly, s’y est rendue pour une semaine de glisse et d’exploration. Voici son retour d’expérience complet, sans filtre !

🌊 Rodrigues, l’île au bout du monde : ce que les brochures ne racontent pas

Avant de parler glisse, il faut parler géographie. Rattachée administrativement à la République de Maurice, Rodrigues est pourtant une île très différente : plus créole, plus africaine, plus lente. Ici, l’eau courante arrive encore par camion-citerne dans beaucoup d’établissements, la pêche rythme les journées et le tourisme reste discret. L’authenticité, à Rodrigues, se mérite un peu et c’est exactement ce qui la rend précieuse.
Le trésor de l’île, c’est son lagon de 200 km², plus vaste que celui de Maurice, qui enserre la terre d’un bleu à plusieurs tons. Et c’est au sud-est, à Anse Mourouk, que se cache le spot de glisse de référence : sauvage, peu fréquenté, idéalement exposé aux alizés.
« J’avais entendu dire que Rodrigues était l’île « d’avant », celle où le temps s’est arrêté. C’était exactement ce que je cherchais : de l’espace, du silence, un lagon immense et personne pour se marcher dessus sur l’eau. Je n’ai pas été déçue. »
🏨 Le spot d’Anse Mourouk : kitesurf & wingfoil sur un lagon géant

Anse Mourouk, c’est d’abord une sensation d’immensité. Un plan d’eau flat à perte de vue, ponctué de petites vagues de reef, où l’on a pied longtemps même à marée haute. Autrement dit : un terrain de jeu rare, qui parle autant aux débutants qu’aux riders confirmés.
Voici quelques caractéristiques à connaître avant de se lancer :
- Le spot est balayé par les alizés une bonne partie de l’année. Ils soufflent side-on (est / sud-est), généralement entre 15 et 30 nœuds : de quoi enchaîner les bords sans forcer.
- Le plan d’eau est très flat en intérieur de lagon, parfait pour progresser, s’initier aux sauts et travailler ses figures en toute sécurité.
- Les amplitudes de marée sont importantes et donnent le tempo des sessions. Un vrai petit rituel local auquel on prend vite goût.
- Pour les plus avancés, le fameux « skatepark » mêle eau lisse et vagues de reforme, avec des kickers qui se baladent et un bowl pour les riders engagés. Et au-delà du reef, quelques vagues plus creuses attendent les autonomes.
Côté wingfoil, Anse Mourouk est un terrain béni : exposition parfaite été comme hiver, longues descentes dans le lagon et accès progressif aux vagues. On conseille un mât de 70-80 cm maximum en raison de la profondeur variable, le genre de détail qu’on est bien content de connaître avant de partir.
« Ce n’est pas un spot où l’on vient chercher le vent le plus constant du monde. On vient pour l’espace, pour ce sentiment de rider seul au monde sur un lagon turquoise, avec les îlots à l’horizon. Franchement, ça n’a pas de prix. »
💡 Petite particularité qui a marqué Gladys : ici, la glisse et la nature sont indissociables. Certains jours, on croise les piqueuses d’ourite, ces femmes qui pêchent le poulpe à marée basse, pieds dans l’eau. On ne ride pas « à côté » de la vie locale, on ride avec.
Le club Osmosis : une histoire de famille depuis 1997
Sur la droite de la belle plage du C Rodrigues Mourouk, à une cinquantaine de mètres, se trouve le club Osmosis. Présent sur le spot depuis 1997, c’est l’une des plus anciennes structures de l’île avec près de trente ans de lecture fine du lagon, de ses marées et de ses subtilités.
L’équipe, quatre personnes menées par Jérôme, cultive une ambiance détendue et familiale où l’on prend le temps avec chaque pratiquant. Ici, pas de cours à la chaîne : petit groupe, une aile pour deux au début, puis vite une aile par personne dès que ça mord.
Le centre est équipé en Airush et Takoon pour le kite, en Freewing et Starboard pour les wings, et en AK pour les planches et les foils. Stages d’initiation kite et wingfoil, cours avancés, location de packs complets : de quoi venir les mains dans les poches.
💡 Le vrai supplément d’âme du club, c’est son engagement pour le lagon. Jérôme agit concrètement pour l’écosystème local : bouturage de corail et sensibilisation au milieu marin. On peut d’ailleurs participer, et c’est un des souvenirs les plus forts du séjour de Gladys.
✨Où se loger à Anse Mourouk : trois adresses testées par Gladys
Option 1 : le C Rodrigues Mourouk (les pieds dans le spot)
Impossible de faire plus près de l’eau. Le C Rodrigues Mourouk est l’hôtel emblématique du spot : 65 chambres adossées à une colline aux airs de savane africaine, face à l’immense lagon aux mille bleus. Deux villas un peu à l’écart complètent l’offre pour ceux qui cherchent encore plus d’intimité.
Son gros plus, c’est son engagement éco-responsable : chaque réservation finance une plantation de corail, dans le cadre d’un partenariat avec le Bluer Ocean Project pour restaurer les lagons rodriguais, et l’hôtel propose des séjours pensés « zéro carbone ». Un cadre confortable, un art de vivre rodriguais, et le club à cinquante mètres : l’option idéale pour enchaîner réveil face au spot et sessions à volonté.
Option 2 : La Belle Rodriguaise (l’authentique)
À 15-20 minutes à pied du club (ou une dizaine de minutes avec la navette bateau de l’école de voile), La Belle Rodriguaise, du côté de Graviers, est l’adresse coup de cœur pour qui veut vivre Rodrigues « pour de vrai ». Une guesthouse familiale à flanc de colline, un accueil chaleureux… et surtout une table d’hôte créole réputée sur toute l’île. C’est simple, sincère, et ça sent bon la cuisine du jour.
Option 3 : le Bakwa Lodge (le cocon boutique)
Pour ceux qui cherchent une parenthèse plus intimiste, le Bakwa Lodge aligne 7 bungalows en bois posés face au lagon, terrasses les pieds dans le sable, déco épurée et service discret. Son restaurant en bois surplombant l’océan change de carte au gré de la pêche du jour et des produits locaux. Une adresse confidentielle, parfaite pour souffler entre deux journées de ride.
« Le luxe, à Rodrigues, ce n’est pas le marbre et les buffets à rallonge. C’est de se réveiller face à un lagon vide, d’entendre les vagues sur le reef et de savoir que sa nuit a peut-être fait pousser un bout de corail. »

Gastronomie : Rodrigues se déguste autant qu’elle se ride
Gourmande, Gladys n’a pas été déçue. La cuisine rodriguaise, métissée d’influences créoles, africaines et indiennes, fait la part belle à la pêche du jour. Le plat signature, c’est l’ourite : le poulpe mijoté en cari ou séché au soleil, servi avec du riz et des légumes du jardin.
Les tables d’hôtes sont, de loin, les meilleures adresses de l’île : celle de La Belle Rodriguaise en tête, mais aussi les petites tables familiales que l’on déniche au fil des routes. Et pour les becs sucrés, impossible de repartir sans avoir goûté les gâteaux et confitures locaux (piment, papaye, letchi…) chinés au marché.
💡 Le rendez-vous à ne pas manquer : le marché de Port Mathurin, le samedi matin. C’est là que bat le cœur de l’île : étals de fruits, d’épices, d’artisanat et de spécialités rodriguaises, dans une ambiance joyeuse et colorée.
Explorer Rodrigues : les incontournables à terre
Une voiture de location est vivement conseillée : l’île se traverse en quelques heures, mais chaque virage réserve sa surprise. À quelques minutes du spot, on se retrouve déjà en pleine nature.
Ce qu’il ne faut pas manquer :
- La réserve François Leguat : Un sanctuaire où évoluent des centaines de tortues géantes d’Aldabra, doublé d’une grotte spectaculaire. Une plongée dans le Rodrigues d’avant l’homme, à la fois émouvante et pédagogique.
- La Caverne Patate : Une grotte calcaire aux stalactites et stalagmites impressionnantes, à visiter en petit comité (les créneaux guidés sont limités dans la journée).
- L’île aux Cocos : Une réserve naturelle accessible en bateau, refuge de milliers d’oiseaux marins, cernée d’eaux turquoise peu profondes. Une journée d’évasion totale, comme sur l’île aux Chats ou l’île François voisines.
- Les randonnées de la côte sauvage : Vers Gravier et Saint-François, ou en montant au Mont Limon (point culminant à ~400 m) pour embrasser l’île du regard. Et pour les amateurs de plages secrètes, Trou d’Argent et ses falaises valent le détour.
- Le snorkeling dans le lagon : Des spots comme « l’Aquarium » offrent poissons-clowns et étoiles de mer à quelques battements de palmes du bord.
« On vient à Rodrigues pour rider, on repart marqué par les tortues géantes, une balade sur une île déserte et un cari d’ourite partagé avec des inconnus devenus copains. C’est ça, la magie de l’endroit. »

Quand partir rider à Rodrigues ?
Le spot d’Anse Mourouk est balayé par les alizés de mai à mi-novembre, avec une meilleure période située entre juin et octobre : c’est là que le vent est le plus régulier (souvent 80 à 90 % de jours ventés), soufflant side-on de 15 à 30 nœuds. Juin, le mois choisi par Gladys, est une valeur sûre : conditions au rendez-vous, températures douces et fréquentation encore raisonnable.
L’eau reste chaude toute l’année (24 à 28 °C) : un lycra ou un boardshort suffisent en été, un shorty peut être agréable pour les longues sessions de l’hiver tropical. La saison cyclonique (décembre à mars) est plus aléatoire côté vent, mais reste belle et chaude.
💡 Le conseil de Gladys : emportez vos chaussons ! Sur certaines entrées d’eau, le fond peut chatouiller les pieds. Et n’oubliez pas la crème solaire haute protection : sous les alizés, on ne sent pas le soleil… jusqu’au retour.
Comment rejoindre Rodrigues ?
Rodrigues se rejoint uniquement via Maurice : comptez environ 11 h de vol direct depuis Paris jusqu’à Maurice, puis une correspondance d’1h30 (plusieurs rotations par jour). Anse Mourouk se trouve à une vingtaine de minutes de l’aéroport, au sud-est de l’île.
💡 Le combo malin : associer Maurice et Rodrigues dans un même séjour. La liaison est facile et quotidienne, et les deux îles se complètent à merveille. L’infrastructure et la diversité de Maurice d’un côté, l’authenticité et le lagon confidentiel de Rodrigues de l’autre.
Rodrigues en résumé : pour qui, pour quel séjour ?
Rodrigues est une destination qui parle aux riders en quête de déconnexion, d’espace et d’authenticité. Ce n’est pas le spot de celui qui cherche l’animation, la vie nocturne ou le vent-machine ultra-constant. Mais pour qui veut un lagon d’exception quasiment pour soi, un club à taille humaine, une nature préservée et un accueil sincère, Rodrigues est une petite merveille.
« Voyager seule n’a jamais été un problème, ici, encore moins. Entre l’équipe d’Osmosis, les tables d’hôtes et les rencontres au marché, on n’est jamais vraiment seule. Mon plus beau souvenir de scouting, sans hésiter. »
L’équipe Fun & Fly possède dorénavant toutes les informations nécessaires pour élaborer des séjours à Rodrigues, sur mesure, en respectant les exigences et les envies de ses riders. 😎
À très bientôt sur les spots !